Lettre à l’ado que j’ai été

Salut les p’tits Lus,

 

Vous allez dire que j’arrête pas de vous parler de bouquins en ce moment, et c’est pas faux. Mais c’est parce que récemment j’en ai acheté un qui m’a beaucoup touchée, qui peut concerner tout le monde, et qui m’a fait pas mal réfléchir, alors j’avais envie de partager ça avec vous.

Il y a une personne que j’aime beaucoup, elle écrit sous le nom de Jack Parker et elle a publié des choses dont je vous reparlerai sûrement. Là on va se concentrer sur le recueil qui est sorti récemment : “Lettre à l’ado que j’ai été“.

Jack Parker s’en est pris plein la tronche à l’adolescence, c’est peu de le dire. Elle a eu l’idée de ce livre un soir de fièvre à 23h chez elle en cherchant un projet, elle a envoyé un mail à l’éditeur et il a trouvé que c’était une belle idée. Pif paf pouf, en deux temps trois mouvements, ils ont rassemblé un tas de gens qui se sont écrit à eux-même, à l’ado qu’ils étaient dix ou vingt ans plus tôt. Et comme si le projet n’était pas assez intéressant en soi, la totalité des bénéfices de vente seront reversés à l’association de lutte contre le harcèlement scolaire Marion la main tendue, fondée par la maman de Marion qui s’est suicidée à 13 ans à cause du harcèlement en question.

Je dois avouer que j’ai acheté le bouquin d’abord parce que j’aime bien ce que fait Jack, et qu’il y avait dans le recueil des gens qui m’intéressaient : Lauren Bastide, Gilles Roussel alias Boulet, Marion Séclin, Florence Porcel, etc. Je trouvais le concept original. Et puis c’était pour la bonne cause hein ? Du coup j’ai été faire un tour à la soirée de lancement, et j’ai même eu un super dessin dédicace de Boulet qui m’a bien fait rire dans mon livre :

 

 

Je suis rentrée toute guillerette, et je l’ai lu. Je pensais l’avaler d’une traite, puis vous écrire sur le blog ma propre lettre à mon moi adolescent. Un bel exercice littéraire, hein ?

Sauf que non. J’ai fait des grosses pauses dans ma lecture, moi qui lis si vite d’habitude, parce que c’était pas si simple à digérer. Je ne veux pas vous faire peur : il y a des lettres très drôles et j’ai pas mal gloussé. Mais d’autres m’ont retourné les tripes. C’est ce qui fait la richesse du recueil : les lettres sont toutes inattendues et émouvantes.

Jack le dit, et elle a raison : “J’ai voulu recréer un lien entre les adultes que nous sommes et les ados que nous étions, parce que nous n’existons pas sans eux, et qu’ils sont toujours tapis au fond de nous”.

Toi, lectrice ou lecteur, tu te rappelles de toi à l’adolescence ?

Au début, je me disais que la mienne avait été plutôt cool et que j’avais pas trop à me plaindre, surtout quand tu lis les parcours atroces de certains.

Et puis j’ai plein de souvenirs qui sont revenus peu à peu. Des souvenirs pas très sympas. Dont aujourd’hui je me dis que ce n’était peut-être pas si grave, mais ça l’était pour moi à l’époque. Je me suis rappelée que j’étais mal, que je ne comprenais rien à ce qui se passait autour de moi. J’avais tendance à croire que ” tout le monde il est beau, tout le monde il est  gentil”, parce que j’avais été élevée dans un cadre familial très bienveillant, et la confrontation à la réalité n’a pas été du tout marrante. Que je faisais confiance à tout le monde, en pensant que l’univers entier fonctionnait sur l’altruisme et l’attention aux autres… Forcément le retour de bâton avait été super violent à encaisser et je m’en suis pris plein la figure. Je vivais beaucoup trop dans mon monde, dans les bouquins, et dans ma tête, parce que la réalité était trop décevante et violente pour moi.

Je vais nuancer quand même : il y a eu aussi des choses biens. J’ai rencontré des gens fantastiques qui sont aujourd’hui encore mes amis, et qui le resteront sûrement longtemps. Mes parents ont toujours été derrière moi pour me soutenir, même quand je merdais à l’école et dans le choix de mes études. J’ai expérimenté toutes sortes de couleur de cheveux et de vêtements. On me parle encore avec émotion (l’épouvante est une émotion !) de mes Doc Martens à fleurs, de mon blouson imprimé python violet, de ma jupe en feutrine rouge et de mon pantalon de treillis en satin argenté. En autres. Oui, j’ai eu une adolescence très riche en terme d’exploration vestimentaire, la joie des années 90 !

Bref. Le fait d’être ado, c’était l’enfer même pour moi qui avais un environnement sympa. Et au final, ma lettre à l’ado que j’ai été,  je n’ai même pas envie de l’écrire pour le moment. L’ado que j’étais est toujours tapie au fond de moi, et je ne veux pas soulever le couvercle, j’ai trop peur qu’un certain nombre de trucs me pète à la figure. A mon âge, hein, c’est pas bien glorieux ça pour le coup…

Je crois quand même que l’ado que j’étais serait super fière de la personne que je suis devenue, parce que j’ai fait des choses qui lui auraient paru totalement insurmontables à l’époque. Je suis partie vivre au Vietnam. J’ai mené à bien des projets de ouf en agence. J’ai fait avancer à ma petite échelle la cause des femmes en science. J’ai appris à trier les gens pour me créer un cercle d’amis fidèles et bienveillants. Je ne me laisse plus marcher sur les pieds et je m’assois sur l’opinion des nuisibles. Je suis bien plus indulgente avec moi-même. J’ai été bosser à la NASA. Putain à la NASA, je m’en remettrai jamais !!!!

Et en même temps, j’ai l’impression que l’ado est encore là, il y a plein d’aspect de ma vie pour lesquelles j’ai 14 ans d’âge mental alors que je me rapproche plutôt des 35. Je suis restée très jeune d’esprit. Pourtant à 35 ans je devrais être une adulte, non ? Hein ?

Quelqu’un aurait un mode d’emploi de l’adulterie ? Nan parce que je crois que j’ai pas tout bien compris à ce sujet…

Je vais arrêter mon blabla, mais comme vous pouvez le constater, ça m’a vraiment fait remuer plein de pensées et d’idées. Je vous conseille d’acheter ce bouquin, pour vous marrer, pour pleurer un peu aussi, pour vous rappeler l’ado que vous étiez, et pour soutenir l’association qui récupère les sous. Ça fait plein de bonnes raisons, non ?

D’ailleurs c’était quoi, votre adolescence à vous, hein ? Allez faites pas les timides, racontez-moi donc ça… Allez quoi, merde, je vous ai parlé de ma jupe en feutrine rouge moi !!!!

 

Je finis cet article, non par mon traditionnel “Cordialement bisous”, mais par ce monument de poésie adolescente :

 

Big

Bisous

Bien

Baveux

 

 

 

 

 

 

5 Replies to “Lettre à l’ado que j’ai été”

  1. anne-laure soler says: Reply

    Hello!
    Très beau texte ♡ moi j’ai connu de loin tes docs à fleurs lorsque je mettais des salopettes avec un pull garfield tout en aillant des mèches rouges dans mes cheveux courts parce que je voulais sortir du rang 🙂 je suis sûre et certaine qu’au final ce n’est pas du tout ce dont les gens se souviennent de moi… et bien ce n’est pas non plus ce dont je me souviens de toi!!
    Je vais donc faire une lettre à la Simone dont je me souviens :
    Simone,
    peut être que tu ne te sens pas bien aujourd’hui mais je vais t’avouer quelque chose. Tous ces gens qui te regardent de travers ou qui rient de ce que tu es ont une part de jalousie. Je te vois depuis l’autre bout de la classe avec tes amis. Mon dieu comme vous rigolez à gorge déployée, comme vous sentez bon la joie de vivre! Je vois tous ces gens autour de toi qui s’en foutent de ta jupe rouge ou de tes paillettes parce qu’ils connaissent tes valeurs. Ce groupe que les autres regardent de travers il est bien plus sain que leur pseudo team de leaders. Moins de coups bas, plus de franchise, plus de rires et de partages.
    Oh mais tiens c’est moi là juste derrière vous!! Bonjour ado-tigrette. Je tends l’oreille pour savoir ce qui vous rend si heureux. Je me dis que vous avez de la chance d’être si bien alors qu’à l’intérieur tout le monde semble si mal. Je dessine dans un coin de cahier vos personnages de jeux de rôle mais je ne vous les donne pas, vous savez mieux faire que moi. Je souris à vos blagues depuis ma table et j’écoute ta découverte d’un livre pas trop mal d’une dénommée JK Rowling. Apparemment c’est chouette. J’irai l’acheter demain, elle aime les livres Simone elle doit s’y connaitre.

    Simone? Simone tu te trompes! Tout va bien!! D oû je suis je vois quelqu’un de fort que j’envie. Cette fille là elle ose tout! Elle rit, elle danse dans la cours, elle fait des choix rien qu’à elle sans attendre le regard des autres. Simone les gens qui te critiquent n’ont pas un dixième de ta force et surtout ils n’ont pas d’amitié aussi sincère et profonde que celle que tu partages avec les gens qui t’entourent. Tu sais quoi?? Dans presque 20 ans (20 ans!!!) ces gens là seront encore là pour toi!!!
    Petite ado, tout n’est pas toujours rose. Mais les gens qui se moquent aujourd’hui seront impressionnés de ce que tu deviendras. Moi je le suis. Mais je ne suis pas étonnée!! Il n’y a que toi qui pouvait avoir une vie aussi folle!!!! Les gens sages et “in” ils n’ont pas les co*illes de se mouiller ou d’oser les choses comme tu l’as fait.

    Avec le recul c’est certainement grâce à ton pantalon à paillettes que tu es allée à la NASA. Je pense que tu peux le remercier.

  2. Minute Simone says: Reply

    Whao, Anne-Laure, c’est le commentaire le plus long et le plus touchant qu’on m’ait jamais laissé sur ce blog ! Ca va te paraître idiot mais j’en ai presque la larme à l’œil… Et tu as tellement raison pour plein de choses !

    Notre groupe ne faisait vraiment pas partie de la “team leader”, mais on était toujours dans le fou rire et la bienveillance, et ce qui est merveilleux c’est que ça fait bientôt 20 ans que ça dure. Il y avait des jalousies et des petits coqs, comme dans toute classe d’ado, mais aussi des amis comme toi, heureusement.

    Bien sûr on a eu nos passages au top et nos passages nazes aussi, mais je crois qu’on ne s’en est pas trop mal sortis au final.

    Tu n’imagines pas comme ça m’épate que tu sois impressionnée par mon parcours, et ça me gonfle le moral et la confiance à bloc. J’ai parfois l’impression de m’être laissée plus balloter qu’autre chose par la vie, mais en même temps j’ai osé attraper des opportunités que je n’aurais même pas imaginées.

    Merci pour cette très belle lettre à la petite Simone de 15 ans, je n’ai pas eu le courage de l’écrire, mais tu l’as fait mieux que je ne l’aurais pu.

    PS: tu aurais dû nous montrer tes dessins dans ton cahier, je suis sûre qu’on aurait adoré !

  3. anne-laure soler says: Reply

    <3 ils n'étaient pas extra, j'ai acquis mes talents de dessin après le lycée lors de mes lonnnnngues heures de médecine ^^ à défaut d'être devenue neurochir, je peux au moins apprendre à mes enfants à dessiner un bonhomme bâton hihihi
    ton parcours est impressionnant carrément!!!!
    Et nos amitiés de lycée (voire de primaire avec Florent!!!) effacent toutes les brimades ^^

    Mille bisous de loin loin!

    1. Je suis sûre que même s’ils n’avaient pas été extras, on se serait extasié avec beaucoup d’enthousiasme ! C’est ça l’amitié en effet, ça a permis de garder des bons souvenirs et des bons copains du lycée ou même d’avant, et tu as raison, ça sauve le panorama entier… De loin loin (hélas), des bisous aussi !

  4. […] je vais vous reparler de Jack Parker, qui a commis un livre dont je vous avais parlé, “Lettres à l’ado que j’ai été“. Ces jours-ci sort en poche, donc pas cher et aucune raison de vous en priver, un livre […]

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